Yaoundé, le 8 juillet 2026-
Prenant la parole à la réunion du Réseau des femmes parlementaires de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF), tenue ce mercredi 8 juillet à Yaoundé, la Questeure de l’Assemblée nationale Chimène Polipoli Lunda a lancé un vibrant plaidoyer contre l’utilisation du viol comme arme de guerre dans l’Est de la République démocratique du Congo, tout en mettant en lumière les importantes réformes législatives engagées par le Parlement congolais pour lutter contre les violences sexuelles et l’impunité.
Devant les parlementaires francophones, l’élue congolaise de la circonscription de Malemba Nkulu a décrit une situation humanitaire dramatique, marquée par une recrudescence des violences sexuelles dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri, où les groupes armés recourent au viol comme une stratégie de terreur, de destruction des communautés et d’occupation des territoires.
S’appuyant sur les rapports des Nations Unies, de l’UNICEF, de Médecins Sans Frontières et d’autres organisations internationales, elle a rappelé que des dizaines de milliers de femmes, de jeunes filles et d’enfants ont été victimes de violences sexuelles au cours des dernières années, soulignant que ces chiffres restent largement en deçà de la réalité en raison de la stigmatisation des victimes et des difficultés d’accès aux structures de prise en charge.
Pour l’honorable Chimène Polipoli Lunda, ces violences ne constituent pas de simples conséquences des affrontements armés, mais une véritable stratégie de guerre destinée à terroriser les populations civiles et à déstabiliser durablement les communautés.
Évoquant la réponse institutionnelle de la République démocratique du Congo, l’intervenante a mis en exergue les progrès significatifs réalisés sur le plan législatif sous l’impulsion du Parlement afin de renforcer la prévention, la répression et la réparation des violences sexuelles liées aux conflits.
Elle a notamment rappelé que les réformes adoptées en 2006 ont profondément modernisé le droit pénal congolais en élargissant la définition du viol, en criminalisant de nouvelles formes de violences sexuelles telles que l’esclavage sexuel, la grossesse forcée, la prostitution forcée, la stérilisation forcée ou encore le harcèlement sexuel, tout en renforçant considérablement les sanctions encourues par leurs auteurs.
La députée a également souligné que la République démocratique du Congo a intégré dans son droit interne les dispositions du Statut de Rome de la Cour pénale internationale, permettant désormais de qualifier les violences sexuelles commises dans le contexte des conflits armés de crimes de guerre ou de crimes contre l’humanité et de poursuivre leurs auteurs devant les juridictions compétentes.
Elle a, en outre, mis en avant l’adoption de la loi de 2022 relative à la protection et à la réparation des victimes de violences sexuelles liées aux conflits, qui a conduit à la création du Fonds national de réparation des victimes. Ce mécanisme traduit, selon elle, la volonté Politique de Son Excellence Félix Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO Président de la République, chef de l’État de garantir aux survivantes un accompagnement financier, médical, psychologique et social, tout en renforçant la lutte contre l’impunité.
Tout en saluant ces avancées législatives, la Questeure de l’Assemblée nationale a toutefois reconnu que leur pleine d’efficacité demeure confrontée à plusieurs défis, notamment l’insécurité persistante dans les zones sous occupation des groupes armés, les difficultés d’accès à la justice et les problèmes d’exécution des décisions judiciaires.
À travers cette intervention, la délégation de l’Assemblée nationale de la République démocratique du Congo a réaffirmé son engagement en faveur de la protection des droits des femmes, du renforcement de l’arsenal juridique national et de la mobilisation de la communauté francophone contre les violences sexuelles utilisées comme arme de guerre.
La Rédaction
