Le Vice-Premier ministre et ministre du Budget, Adolphe Muzito, a lancé ce mercredi 2 septembre 2026, dans son cabinet de travail au Centre financier de Kinshasa, une série de rencontres avec les entités sectorielles autour des enveloppes budgétaires à retenir dans l’avant-projet de loi de finances 2027.
Accompagné du vice-ministre du Budget, Élysée Bokumwana, du directeur de cabinet Blanchard Mongomba et du directeur de la Direction générale de la politique et de la programmation budgétaire (DGPB), Rolly Lengo, Adolphe Muzito Fumutsi a ouvert cette première journée avec plusieurs responsables venus défendre les priorités financières de leurs secteurs. La ministre des Affaires sociales, de l’Action humanitaire et de la Solidarité nationale, Ève Bazaïba, a notamment plaidé pour une révision à la hausse des crédits de son ministère, compte tenu des besoins humanitaires auxquels il doit répondre.
« Nous sommes satisfaits que cette étape soit là pour que nous puissions négocier. Lorsque nous demandons 0,07 % du budget global de la République, je pense que ce n’est pas exagéré. Mais il nous a été octroyé 0,05 %. Alors nous avons demandé une augmentation. La deuxième chose que nous avions dite, c’est bien toujours de nous donner ces chiffres, mais c’est encore mieux que ces chiffres soient exécutés. Vous savez les situations humanitaires qui sont dans notre pays actuellement. Plus de 15 millions de Congolais sont dans le besoin humanitaire d’urgence. Alors, je pense qu’on va trouver gain de cause, parce que nous avions eu une oreille attentive auprès du VPM du Budget et du vice-ministre du Budget, ainsi que de toute l’équipe technique qui était là. Ils nous ont promis, le principe est acquis de réduire les écarts, de procéder à l’augmentation et aussi de tenir compte de l’exécution de paiement régulier», a fait savoir Eve Bazaiba, ministre des Affaires sociales.
Les personnes vivant avec handicap figuraient également parmi les priorités défendues au cours de ces consultations. La ministre déléguée chargée des Personnes vivant avec handicap, Irène Esambo, s’est dite satisfaite des échanges avec le VPM du Budget et confiante quant à la prise en compte des besoins de son ministère dans le budget 2027. Elle a notamment évoqué la création de deux établissements publics, le Fonds national d’appui à l’autonomisation et à l’accessibilité ainsi que le Centre africain pour le handicaprénariat, dont le fonctionnement nécessite des ressources conséquentes.
« Nous avons créé deux établissements publics, notamment le Fonds national d’appui à l’autonomisation et à l’accessibilité, et nous avons créé aussi le Centre africain pour le handicaprénariat. C’est pour lutter contre la pauvreté, contre la mendicité et contre tout ce qu’il y a comme antivaleurs qui n’améliore pas l’image des personnes vivant avec un handicap. Et tout ça, ça demande que nous ayons un budget conséquent. Et c’est pour cela que j’ai été ici pour parler avec le VPM du Budget, ainsi que le vice-ministre par rapport au budget qui est prévu pour 2027. Je peux dire que j’ai rencontré une oreille attentive et ils ont promis de revoir les crédits et surtout de nous remettre dans notre section. Surtout que le VPM, depuis son arrivée ici, a fait preuve de bonne volonté par rapport aux personnes avec handicap. Vous savez que nous avons recruté 2 037 personnes vivant avec handicap. Pour la première fois, l’administration publique a été ouverte aux personnes avec handicap, mais elles ne sont pas encore mécanisés. Mais le VPM a accepté de leur donner une prime et mon plaidoyer aujourd’hui, c’était que nous puissions entrer dans le quitus par rapport à cette prime-là », a expliqué Irène Esambo, ministre déléguée des PVH.
D’autres secteurs ont également profité de cette étape pour défendre leurs enveloppes. La secrétaire générale à la Formation professionnelle, le conseiller financier de la Jeunesse ainsi que celui du ministère de la Pêche et de l’Élevage ont tous plaidé pour une augmentation, voire un dédoublement des ressources qui leur sont allouées. Ils ont, au terme des échanges, salué l’écoute accordée à leurs préoccupations par l’équipe du Budget.
Du côté de l’Éducation nationale et de la Nouvelle Citoyenneté, la ministre Raïssa Malu a mis l’accent sur l’amélioration des conditions sociales des Congolais, particulièrement celles des enseignants et des personnels administratifs. Elle a expliqué que les discussions avaient notamment permis d’identifier les crédits susceptibles d’être améliorés pour le prochain exercice.
« Et ce que nous sommes engagés à faire avec le gouvernement, c’est de progressivement améliorer les conditions, notamment agir sur la nette amélioration au niveau. Je suis assez contente de voir l’ouverture à la fois du Vice-Premier ministre, ministre du Budget et du vice-ministre du Budget, pour justement améliorer cette situation et nous assurer que l’année 2027 est bien meilleure que ce qu’elle aura été en 2026 pour nos enseignants et nos administratifs, et, en même temps, je suis contente de voir qu’on est dans les bonnes lignes, que l’ensemble du gouvernement, notamment ici au Budget, comprend les spécificités de mon secteur et la nécessité d’agir pour améliorer les conditions sociales des enseignants. Donc, pour ça, c’est une excellente chose », a laissé entendre Raïssa Malu, ministre de l’Éducation nationale et de la Nouvelle Citoyenneté.
Pour l’Intégration régionale, le ministre Floribert Anzuluni a présenté les besoins liés aux différentes missions de son ministère, notamment dans le cadre de la présidence actuelle de la CIRGL. Il dit attendre que les engagements pris au cours des discussions avec le VPM du Budget et son vice-ministre soient maintenus dans les prochaines étapes du processus.
« Nous avons défendu notre budget auprès du Vice-Premier ministre et ministre du Budget et de son vice. Vous savez qu’il y a plusieurs défis aujourd’hui au niveau de l’Intégration régionale. Nous avons, entre autres, la présidence aujourd’hui au niveau de la CIRGL, qui nous exige un certain nombre d’activités pendant les deux prochaines années. Donc voilà, notre proposition tourne autour de ces points-là. Nous avons été clairement entendus et nous espérons que, aux prochaines étapes également, les accords passés que nous avons clairement tenus pourront être concernés », a précisé Floribert Anzuluni, ministre de l’Intégration régionale.
Au ministère de l’Enseignement supérieur, universitaire, recherche scientifique et innovation, Marie-Thérèse Sombo a, pour sa part, défendu la nécessité d’aligner les moyens de son secteur sur les orientations du chef de l’État. Elle a qualifié les échanges de constructifs et dit garder confiance dans la poursuite du processus budgétaire.
« Notre priorité est claire : c’est d’aligner nos moyens à la vision du chef de l’État. Les échanges avec son Excellence Monsieur le Vice-Premier ministre en charge du Budget ont été constructifs. Et nous espérons, nous avons foi à la suite du processus. Nous avons foi au reste », lance Marie Thérèse Sombo, ministre de l’Enseignement supérieur, universitaire, recherche scientifique et innovation.
Les besoins du Secrétariat général du gouvernement ont également été abordés. Jean Hubert Ekumbaki a indiqué que les crédits prévus pour son institution avaient connu un léger accroissement, notamment pour prendre en compte les coûts liés à l’organisation des réunions du Conseil des ministres et aux déplacements des membres du gouvernement dans les provinces.
« Je suis allé défendre les crédits qui ont été prévus pour le secrétaire général du gouvernement, qui ont connu un petit accroissement. C’est le secrétaire général qui organise les réunions des conseils des ministres. Alors, vous voyez le déplacement des membres du gouvernement dans les provinces. Il y a un surcoût qui a été prévu. Sinon, c’est dans les normes. On a respecté », a fait savoir le secrétaire général du gouvernement Jean Hubert Ekumbaki.
Le secteur des Transports a, lui aussi, placé la question des recettes au centre de son plaidoyer. Après son entretien avec Adolphe Muzito et Élysée Bokumwana, le secrétaire général aux Transports, Pierrot Nke, a estimé que les perspectives étaient en train d’évoluer dans son secteur et a insisté sur la nécessité d’accroître les ressources propres de l’État.
« D’ailleurs, vous êtes témoin ; vous voyez comment le secteur des Transports commence à bouger. Les bonnes choses se préparent et nous sommes rassurés que le ministre du Budget ne va pas nous décevoir quant aux différentes prévisions que nous avons mises en exergue pour redorer le blason terni des Transports dans notre pays. Le transport est au socle du développement économique et social de tout pays au monde. Vous savez, on ne peut pas bien dépenser lorsqu’on n’a pas la vraie connaissance des recettes. C’est pourquoi les recettes, les ressources propres sont tellement importantes que nous allons les booster, nous allons les rechercher partout où elles sont cachées, par la digitalisation, par la prise en charge des intervenants, par des investissements parce que le transport ne reste pas comme un magasin sans articles », a laissé entendre Pierrot Nke, secrétaire général aux Transports.
Cette série de consultations intervient dans la foulée des travaux préparatoires de l’avant-projet de loi de finances 2027 organisés à Bibwa. Elle doit permettre au ministère du Budget d’arbitrer les quotas réservés à chaque ministère et aux différents services de l’État. Les rencontres engagées par Adolphe Muzito se poursuivront jusqu’au vendredi 4 septembre 2026, avant les prochaines étapes de préparation du budget 2027.
La Rédaction
