À Kinshasa, la question de l’accès à l’électricité prend une nouvelle dimension citoyenne. En une semaine seulement, une pétition intitulée « Électricité à Kinshasa : nous demandons transparence, communication et solutions durables » a recueilli plus de 5 300 signatures, traduisant une mobilisation croissante autour de la qualité de la desserte électrique dans la capitale congolaise.
Lancée le 28 septembre 2026, cette initiative, portée par Bernadette Mudumbi, appelle à une réponse plus claire et plus structurée face aux coupures récurrentes d’électricité qui affectent les ménages, les commerces, les établissements scolaires et sanitaires ainsi que les entreprises.
Selon les chiffres relayés par les publications consacrées à cette pétition, 5 324 signatures avaient été enregistrées en une semaine, avec un pic de plus de 1 600 signatures en une seule journée, le 29 septembre. Une autre mise à jour faisait état de 5 316 citoyens mobilisés, illustrant dans tous les cas une dynamique de participation significative.
Une mobilisation qui dépasse les frontières
Si près de 95 % des signataires se déclarent en République démocratique du Congo, l’initiative dépasse également les frontières nationales. Des Congolais établis notamment au Canada, en France, aux États-Unis et en Belgique se sont joints à la démarche.
Cette mobilisation de la diaspora témoigne de l’importance de la question énergétique dans la vie quotidienne des Congolais, y compris pour ceux qui vivent à l’étranger mais restent directement concernés par les conditions de vie de leurs proches restés au pays.
Au-delà du nombre de signatures, cette pétition pose surtout une question fondamentale : comment garantir aux citoyens une desserte électrique fiable, prévisible et suffisamment transparente ?
Plus qu’une dénonciation des coupures
La démarche ne se limite pas à dénoncer les délestages. Elle met l’accent sur plusieurs exigences qui touchent directement à la relation entre le fournisseur d’électricité et les consommateurs.
Les pétitionnaires réclament notamment une communication claire et régulière sur les coupures, une facturation transparente, un suivi réel des travaux, ainsi que le respect des droits des consommateurs.
Ils plaident également pour l’exploration d’alternatives et l’ouverture du marché de l’électricité, dans l’objectif de favoriser une amélioration durable de la desserte.
Cette approche mérite d’être considérée comme une interpellation citoyenne plutôt que comme une simple contestation. Car lorsqu’une coupure survient sans information suffisamment accessible sur sa durée, sa cause ou les mesures prises pour y remédier, c’est toute la capacité du citoyen à s’organiser qui est affectée.
Quand les coupures deviennent un problème économique et social
À Kinshasa, l’électricité ne constitue pas uniquement une question de confort domestique. Elle touche directement à l’activité économique et au fonctionnement des services essentiels.
Un commerce perturbé, une entreprise contrainte de fonctionner au ralenti, une structure sanitaire confrontée à des difficultés d’alimentation électrique ou encore un élève empêché d’étudier dans de bonnes conditions : les conséquences du déficit de desserte dépassent largement la seule interruption de courant.
C’est d’ailleurs le message porté par la campagne visuelle accompagnant la pétition : « Assez de coupures, assez d’incertitudes ! »
Le slogan résume une attente qui semble désormais dépasser la seule demande de rétablissement du courant. Les citoyens veulent également comprendre, être informés et savoir quelles solutions sont mises en œuvre.
Une interpellation à prendre au sérieux
Face à cette mobilisation, l’enjeu est désormais de savoir quelle suite sera réservée aux revendications exprimées.
La Société nationale d’électricité (SNEL) est directement interpellée, mais la question concerne également les autorités publiques chargées de la politique énergétique et de la régulation du secteur.
Une réponse crédible ne saurait se limiter à expliquer ponctuellement les causes d’une panne. Elle devrait également permettre aux consommateurs de disposer d’informations régulières sur les travaux, les investissements, les programmes de maintenance et les perspectives d’amélioration de la desserte.
La transparence apparaît ainsi comme un élément essentiel de la confiance entre le service public et ses usagers.
Transformer la colère en dialogue constructif
Cette initiative citoyenne peut également constituer une occasion d’ouvrir un dialogue plus large sur l’avenir énergétique de Kinshasa.
La question n’est pas seulement de savoir pourquoi les Kinois sont dans le noir, mais aussi de déterminer comment sortir durablement de cette situation.
Cela suppose un débat sur les infrastructures, la production, le transport et la distribution de l’électricité, mais également sur la gouvernance du secteur, la qualité du service, la communication avec les consommateurs et les mécanismes de protection de leurs droits.
Avec plus de 5 300 signatures annoncées en quelques jours, la pétition montre en tout cas que la question de l’électricité est devenue une préoccupation citoyenne majeure.
L’enjeu est désormais de transformer cette mobilisation en un dialogue utile, documenté et orienté vers des solutions.
À Kinshasa, la demande exprimée par les pétitionnaires peut finalement se résumer en trois mots : informer, améliorer, agir. Car derrière chaque coupure, il y a un ménage, une activité économique, une école, une structure de santé ou une entreprise qui attend non seulement le retour du courant, mais aussi la perspective d’un service électrique plus fiable et plus durable.
