Kinshasa, 29 mars 2026. — La Ligue nationale des Anamongo (LINA) a officiellement un nouveau visage à sa tête. Le général-major Jean-Pierre Ondekane a été investi, dimanche, président du comité directeur de cette organisation socioculturelle majeure en République démocratique du Congo, lors d’une cérémonie empreinte à la fois de solennité et d’émotion.
Cette investiture intervient dans un contexte particulier, marqué par la disparition récente du président national de la LINA, Barthélémy Okito Oleka, décédé le 21 février 2026 à Kinshasa. Prenant la parole devant les membres et invités, Jean-Pierre Ondekane a tenu à rendre un hommage appuyé à son prédécesseur, dont la disparition « a porté un coup dur à la marche de la communauté Anamongo ».
Dans un moment de recueillement, il a invité l’assistance à observer une minute de silence en mémoire du défunt, mais aussi en hommage aux grandes figures historiques ayant œuvré pour l’unité des Anamongo, notamment Patrice Emery Lumumba, Justin Marie Bomboko et Joseph Eyenga Bangangu.
Une désignation conforme aux statuts
La prise de fonctions de Jean-Pierre Ondekane s’inscrit dans le strict respect des textes régissant la LINA. Conformément aux articles 51 et 54 des statuts et du règlement intérieur, le vice-président national et coordonnateur du comité exécutif assure l’intérim en cas de vacance du pouvoir, jusqu’à l’organisation d’un congrès.
Désigné par les membres fondateurs, le nouveau président a exprimé sa « sincère gratitude » pour la confiance placée en lui, promettant de poursuivre l’œuvre de consolidation et de rayonnement de la communauté Anamongo.
Une organisation au cœur de l’identité culturelle
Organisation à caractère ethnique et socioculturel, la LINA se veut un cadre fédérateur des « enfants de Mongo », ancêtre éponyme dont se réclame l’ensemble de cette communauté. Sans distinction d’appartenance politique, religieuse ou socioprofessionnelle, elle rassemble des femmes et des hommes autour de valeurs fondamentales : unité, solidarité, sauvegarde de l’identité culturelle et développement.
Sa devise — « Unité, Solidarité et Développement » — est renforcée par le slogan mobilisateur : « Un pour tous, tous pour un ».
Pour Jean-Pierre Ondekane, la cérémonie d’investiture constitue « une journée hautement cruciale », marquant à la fois son installation officielle et « le passage de la LINA de son passé vers son avenir ».
Aux origines du peuple Anamongo
Dans un rappel historique, le nouveau président est revenu sur les origines du peuple Anamongo. Selon la tradition, leur ancêtre, Mongo, aurait vécu au XVe siècle en Nubie, avant d’entamer une longue migration à travers l’Afrique, passant par les régions du Tchad, de la mer Rouge et du Sahara, puis les zones forestières et lacustres d’Afrique centrale.
Son périple l’aurait conduit jusqu’à la cuvette centrale de l’actuelle RDC, notamment dans la région de l’Équateur, où il se serait installé durablement. Vivant de chasse, de pêche et de cueillette, il aurait fondé une descendance aujourd’hui largement dispersée à travers le territoire national et au-delà.
On retrouve ainsi des communautés Anamongo au Congo-Brazzaville, au Gabon, au Cameroun, au Kenya et en Tanzanie.
Un poids démographique et territorial significatif
Selon les données avancées lors de la cérémonie, les Anamongo représenteraient environ 33 % de la population congolaise et occuperaient près de 31 % du territoire national. Ils sont présents dans 14 des 26 provinces de la RDC, notamment à l’Équateur, la Tshuapa, la Mongala, le Kwilu, le Maï-Ndombe, le Nord-Kivu, l’Ituri, le Sankuru, le Kasaï, la Tshopo, le Maniema, le Tanganyika, le Sud-Kivu et le Kongo Central.
Cette vaste communauté se décline en plusieurs sous-groupes ethniques — Mongo, Tetela, Kusu, Kuba, Ngando, Lokele, entre autres — organisés en huit grandes entités régionales, allant du Grand Équateur au Kongo Central.
Un enjeu d’unité nationale
Au-delà de son ancrage culturel, la LINA se positionne comme un acteur stratégique dans la consolidation de l’unité nationale. Par sa présence transversale en RDC et dans plusieurs pays africains, la communauté Anamongo se veut un rempart contre toute tentative de division du pays.
Avec l’arrivée de Jean-Pierre Ondekane à sa tête, l’organisation entame une nouvelle phase de son histoire, entre devoir de mémoire et ambition de renouveau, dans un contexte où les enjeux d’unité et de cohésion nationale demeurent plus que jamais d’actualité.
La Rédaction
