L’Assemblée nationale a tourné une nouvelle page de son histoire ce jeudi 13 novembre 2025. Avec 413 voix sur 423 votants et seulement dix bulletins nuls, l’Honorable Aimé Boji Sangara a été officiellement élu Président de l’Assemblée nationale, succédant ainsi à Vital Kamerhe. Un vote massif, révélateur d’un consensus rare dans un contexte politique souvent marqué par les rapports de force.
Un discours d’unité et de responsabilité
À peine élu, le nouveau Président de la Chambre basse a donné le ton de son mandat. Dans un discours empreint de gravité et d’ambition institutionnelle, Aimé Boji a affirmé : « Je m’engage à en faire un espace d’expression démocratique et apaisé, où chaque voix compte, où chaque province se sent représentée, où majorité et opposition débattent dans l’unité patriotique. Pas d’exclusion, pas de stigmatisation, pas de méfiance. Seule la République compte. »
Poursuivant dans la même dynamique, il a ajouté : « En m’accordant votre confiance, je serai votre porte-voix, votre avocat, votre défenseur auprès des autres institutions, afin que soient respectés vos droits, améliorées vos conditions de travail et garantie la dignité attachée à votre rang et votre mandat. »
Un message clair : placer l’Assemblée nationale au centre de la vie démocratique, restaurer la confiance et faire de l’hémicycle une institution forte, respectée et inclusive.
Un parcours à la hauteur des responsabilités
Né le 8 janvier 1968 à Kabare, dans la province du Sud-Kivu, Aimé Boji Sangara est loin d’être un novice dans l’arène politique congolaise. Membre influent de l’Union pour la Nation Congolaise (UNC), il fait partie de ces profils qui allient profondeur intellectuelle, expérience gouvernementale et sens politique confirmé.
Une formation solide, tournée vers l’international
Après étude en Relations internationales à l’Université de Lubumbashi en 1990, Aimé Boji poursuit son parcours académique au Royaume-Uni, où il décroche un diplôme à l’Université d’East Anglia, l’une des institutions britanniques reconnues pour l’excellence de ses programmes en politiques publiques et en gouvernance.
Cette ouverture internationale marque durablement son approche : rigueur, transparence, efficacité administrative et culture du résultat.
Un homme d’État aux multiples mandats
Ministre du Budget (2021–2025) : rigueur et réformes
Durant quatre années – sous les gouvernements Lukonde I, Lukonde II puis Suminwa – Aimé Boji se distingue comme l’un des ministres les plus réguliers et les plus appréciés sur le plan technocratique.
Son passage au Budget reste associé à :
des réformes budgétaires structurantes,
une meilleure traçabilité des dépenses publiques,
une volonté constante de renforcer la discipline financière,
une collaboration plus étroite avec les institutions financières internationales.
Des efforts salués tant à l’intérieur du pays qu’à l’extérieur, qui ont contribué à stabiliser la gestion des finances publiques dans une phase politique complexe.
Ministre de l’Industrie (2025) : un passage bref mais stratégique
Nommé ensuite Ministre de l’Industrie dans le gouvernement Suminwa II, du 8 août au 20 octobre 2025, Aimé Boji s’attelle immédiatement à accélérer les chantiers de modernisation industrielle, notamment sur les zones économiques spéciales et la transformation locale.
Bien que ce mandat soit court, il confirme son profil d’homme de dossiers et sa capacité à s’adapter à des secteurs variés.
Un leadership institutionnel attendu
Son élection à la tête de l’Assemblée nationale apparaît comme l’aboutissement logique d’une carrière politique patiemment construite, faite de constance, de loyauté envers sa famille politique, mais aussi de résultats concrets dans l’action publique.
Dans un contexte politique où la recherche de stabilité est essentielle, Aimé Boji Sangara est perçu comme un choix conciliateur, capable de fédérer et de rétablir la dynamique institutionnelle au profit du peuple congolais.
La Rédaction
