Kinshasa le, 08 Juin 2026, L’Assemblée nationale a consacré sa séance plénière à l’examen de deux rapports majeurs relatifs à la gouvernance publique et à la situation des droits humains en République démocratique du Congo. Il s’agit du Rapport public annuel de la Cour des Comptes pour les exercices 2024-2025 ainsi que du Rapport annuel d’activités 2025 de la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH).
Les travaux ont été conduits sous la direction du Président de la Chambre basse du Parlement, *l’Honorable Aimé Boji Sangara*.
Présentant le Rapport public annuel de la Cour des Comptes, le Premier Président de cette haute juridiction financière, Jimmy Munganga, a exposé devant les Députés nationaux les principales conclusions des contrôles effectués sur l’exécution du budget du Pouvoir central et des provinces.
Conformément aux dispositions de l’article 172 de la Constitution, il a dressé un état des lieux de la gestion des finances publiques, mettant en lumière les avancées enregistrées dans la gouvernance publique, tout en relevant plusieurs insuffisances observées dans l’exécution budgétaire. Le rapport formule également diverses recommandations destinées à renforcer la transparence, la redevabilité ainsi que l’efficacité dans la gestion des ressources publiques.
Le Premier Président de la Cour des Comptes a, par ailleurs, rappelé le rôle du Parlement dans le contrôle de l’action gouvernementale avant de réaffirmer la disponibilité de son institution à accompagner l’Assemblée nationale dans l’exercice de sa mission constitutionnelle de contrôle et de suivi des finances publiques.
À l’issue de cette présentation, la plénière a déclaré le rapport recevable avant son renvoi à la Commission Économique et Financière pour examen approfondi, notamment dans le cadre de l’étude du projet de loi portant reddition des comptes de l’exercice 2025.
La représentation nationale s’est ensuite penchée sur le Rapport annuel d’activités de la Commission Nationale des Droits de l’Homme présenté par le Président de cette institution d’appui à la démocratie, Paul Nsapu Mukulu.
Dans son intervention, le Président de la CNDH a indiqué que les activités de son institution se sont déroulées dans un contexte sécuritaire particulièrement préoccupant, marqué notamment par l’occupation de certaines entités de l’Est du pays par le Rwanda et ses supplétifs de l’AFC/M23, ainsi que par la recrudescence de la milice Mobondo dans la partie Ouest de la République.
Malgré ces contraintes sécuritaires, la CNDH affirme avoir poursuivi ses missions de promotion et de protection des droits humains à travers des activités de sensibilisation, de formation, de monitoring des violations des droits humains, de traitement des plaintes ainsi que des visites des lieux de détention.
Le Président de la CNDH a toutefois relevé plusieurs défis persistants, notamment l’insuffisance des ressources financières et logistiques, la faible couverture territoriale ainsi que la nécessité de renforcer la collaboration interinstitutionnelle.Il a aussi fait quelques recommandations au Gouvernement et à l’assemblée nationale afin d’accompagner la CNDH dans l’exercice de son travail.
La présentation de ce rapport a donné lieu à un débat houleux au sein de la plénière avant que le Bureau de l’Assemblée nationale ne décide de son renvoi à la Commission mixte Politique, Administrative et Juridique et Droits de l’homme pour examen approfondi.
Le renvoi de ces deux rapports aux commissions permanentes compétentes ouvre ainsi la voie à un examen approfondi des recommandations formulées, dans la perspective de renforcer la gouvernance publique, la transparence institutionnelle et la protection des droits fondamentaux en République démocratique du Congo.
La Rédaction
