L’honorable Dr Jean-Jacques Mbungani appelle l’Assemblée nationale à s’impliquer directement dans le processus de rapatriement de plus de 300 crânes, d’autres restes humains et de quelques corps entiers conservés en Belgique depuis près d’un siècle.

Le rapatriement des restes humains congolais conservés en Belgique revient au cœur du débat parlementaire en République démocratique du Congo. Devant l’Assemblée nationale, l’honorable Dr Jean-Jacques Mbungani Mbanda a plaidé pour une implication directe de la représentation nationale dans ce dossier à forte portée historique, mémorielle et symbolique. Son objectif : faire du retour des dépouilles des ancêtres congolais une priorité nationale, au-delà des démarches diplomatiques déjà engagées.
Lors de son intervention, l’élu a rappelé avoir visité l’Institut royal des sciences naturelles de Belgique, à Bruxelles, où sont conservés certains de ces restes humains. Une expérience qui, selon lui, donne à cette question une dimension profondément humaine. Derrière les inventaires et les numéros de conservation, a-t-il souligné, se trouvent des êtres humains, des ancêtres dont la mémoire et la dignité méritent d’être respectées.
*De la démarche diplomatique à l’étape décisive*
Le dossier a connu une évolution diplomatique en 2026. Selon les éléments présentés par le député, la Première ministre congolaise a adressé, le 5 juin, une demande officielle au gouvernement belge concernant le rapatriement des restes humains congolais. Une réponse belge aurait été transmise le 17 septembre.
Pour le Dr Mbungani, cette réponse constitue une avancée, mais elle ne saurait être confondue avec une restitution effective. Le plus difficile reste à organiser : définir les modalités pratiques, établir un calendrier, procéder aux identifications nécessaires et préparer l’accueil des dépouilles en RDC.
L’enjeu porte également sur la provenance des restes humains, les conditions de leur conservation, le financement du rapatriement et les éventuelles questions de réparation. Autant de points qui nécessitent, selon lui, une coordination entre les institutions publiques et les acteurs concernés.
*Une commission parlementaire pour assurer le suivi*
C’est dans cette perspective que l’honorable Dr Jean-Jacques Mbungani a sollicité l’implication du Bureau de l’Assemblée nationale dans la mise en place d’une commission parlementaire chargée du suivi du dossier.
Il propose notamment qu’une mission parlementaire puisse se rendre en Belgique afin de visiter les institutions concernées et de rencontrer leurs responsables, les scientifiques ainsi que les représentants de la société civile. Cette démarche permettrait aux élus de mieux cerner les réalités du dossier et de formuler des recommandations pertinentes à l’intention du gouvernement congolais.
Pour le député, le Parlement ne doit pas rester à l’écart d’une question qui touche à l’histoire, à la dignité et à la mémoire collective du peuple congolais. Il pourrait ainsi exercer pleinement sa mission de contrôle de l’action gouvernementale et, si nécessaire, envisager des initiatives législatives.
*La société civile, un acteur déterminant*
Dans son intervention, le Dr Mbungani a également salué le travail de la société civile, notamment celui de l’organisation citée dans son discours sous le nom d’Africa Hoppe ASBL, pour ses efforts de documentation, de sensibilisation et de rapprochement entre chercheurs, universitaires et institutions.
Il a notamment évoqué une cérémonie d’hommage organisée le 24 novembre 2025 à Bruxelles, à l’initiative de cette organisation et de l’Institut royal des sciences naturelles de Belgique. Cette rencontre aurait contribué à faire évoluer le regard porté sur ces restes humains, en transformant un espace scientifique en lieu de mémoire.
Une deuxième journée de commémoration est annoncée pour le 24 novembre 2026, à Bruxelles, autour du thème « Le chemin du retour ». Cette initiative entend maintenir la mobilisation autour de la restitution des dépouilles congolaises.
*Au-delà de la commémoration, le retour aux origines*
Pour l’honorable Dr Jean-Jacques Mbungani, la finalité ne peut se limiter aux cérémonies d’hommage ou aux déclarations de principe. Il s’agit de parvenir au retour effectif des dépouilles sur la terre de leurs ancêtres, dans le respect des exigences scientifiques, culturelles et humaines.
Son plaidoyer pose ainsi une question essentielle : comment transformer une reconnaissance diplomatique en un processus concret, suivi et assorti d’engagements vérifiables ?
En appelant à une commission parlementaire et à une mission en Belgique, le député entend inscrire ce dossier dans la durée, indépendamment des changements de gouvernements.
Le « chemin du retour » ne pourra aboutir que si la mobilisation diplomatique, l’expertise scientifique, l’engagement de la société civile et le contrôle parlementaire convergent vers un même objectif : rendre aux ancêtres congolais leur dignité et permettre à leur mémoire de retrouver sa terre d’origine.
La Rédaction
