La République démocratique du Congo a lancé, lundi 28 septembre à Kinshasa, la cartographie censitaire du deuxième Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH-2), une opération préalable au dénombrement général prévu en juillet 2027. Cette première phase doit permettre de localiser les bâtiments, identifier les ménages et délimiter les zones qui seront ensuite confiées aux agents recenseurs. L’ensemble du RGPH-2 est évalué à 192 millions de dollars américains.
La cérémonie de lancement s’est tenue au Centre culturel et artistique des pays d’Afrique centrale, sous la présidence du ministre d’État au Plan et à la Coordination de l’aide au développement, Guylain Nyembo. Plusieurs membres du gouvernement, les autorités de Kinshasa ainsi que les responsables de l’Institut national de la statistique (INS) et du Bureau central du recensement (BCR) ont pris part à l’événement. Pendant environ un mois, les agents cartographes vont parcourir les quartiers de la capitale afin d’établir une base géographique nécessaire à la préparation du dénombrement.
À Kinshasa, 1 868 opérateurs cartographes ont été formés à partir du 9 septembre dans 35 sites. Leur mission consiste notamment à géolocaliser les bâtiments, répertorier les ménages et identifier les infrastructures, avant de procéder au découpage des zones de dénombrement. Chaque zone devra ensuite être attribuée à un agent recenseur, avec l’objectif de faciliter la collecte des données et de réduire les risques d’omission ou de double comptage.
« Avant de compter la population, il y a un préalable à satisfaire savoir précisément où elle se trouve », a expliqué Guylain Nyembo lors d’un briefing de presse organisé avec le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya. Le ministre a également insisté sur l’importance de cette étape pour disposer de données actualisées et fiables sur la population et l’habitat. Les autorités prévoient par ailleurs d’associer les responsables locaux et religieux à la sensibilisation afin de faciliter la participation des ménages.
La cartographie doit ainsi préparer le terrain pour le dénombrement général annoncé pour juillet 2027. Le budget global de l’opération, estimé à 192 millions USD, couvre notamment la formation et le déploiement des agents, la collecte ainsi que le traitement des données. Dans les zones difficiles d’accès ou confrontées à l’insécurité, le gouvernement prévoit de recourir à différents moyens technologiques. « Nous utiliserons tous les moyens disponibles, notamment les technologies satellitaires ainsi que l’appui de nos partenaires », a précisé Guylain Nyembo.
Au-delà du nombre d’habitants, le RGPH-2 doit permettre de mieux connaître leur répartition sur le territoire et les caractéristiques des ménages. Ces données doivent notamment servir à orienter la planification des infrastructures scolaires et sanitaires, l’accès à l’eau et à l’électricité, les transports et l’aménagement du territoire. Elles devraient également fournir aux pouvoirs publics des éléments plus précis pour orienter les investissements et améliorer certains indicateurs économiques.
Le gouverneur de Kinshasa, Daniel Bumba, a souligné l’intérêt de ces informations pour l’action publique. Les résultats du recensement pourront, selon lui, contribuer à « mieux planifier l’aménagement » du territoire et à rapprocher les politiques publiques des besoins réels de la population. Le gouvernement rappelle toutefois que le RGPH-2 est distinct des opérations d’identification civile conduites par l’Office national d’identification de la population (ONIP) et de l’enrôlement électoral organisé par la Commission électorale nationale indépendante (CENI).
Le RGPH-2 intervient 42 ans après le recensement de 1984, qui avait dénombré environ 30 millions d’habitants en RDC. La nouvelle opération doit donc fournir une photographie actualisée de la population et de son habitat à l’échelle nationale. La cartographie censitaire lancée à Kinshasa constitue la première étape de ce processus, avant le déploiement du dénombrement général prévu en juillet 2027.
MNB
